Texte et Sculptures Ïan Larue

2015. C’est l’automne à Port-La Nouvelle. La Méditerranée déchainée charrie des pieuvres mortes, des os de seiche, des coraux, de gros vers blancs d’environ un mètre, des planches et des canettes. En été les pelleteuses raclent le moindre coquillage ; l’hiver la plage est vide, quelques chiens fous cavalent en dépit des règlements de police dont l’observance se ramollit. Tout le monde s’en moque, de la plage hivernale.

Déesses

Tous ces cadavres marins, tous ces objets précieux et rescapés ! Ils sont comme les fossiles d’un monde perdu. Le bord de mer est un cabinet de curiosités. Des fossiles, on en a peu dans le monde. En découvrir est un petit miracle. Alors j’en invente à partir de tout cet univers. Pieuvres, os de seiche… déesses, clitoris. Etrange association ? Mais l’idée de la grande déesse, ravagée et tuée par le patriarcat, a aussi quelque chose du fossile. Elle reste, elle dure malgré tout. Elle ressurgit au bout d’un moment.

Fossiles en cours de restauration par Ïan Larue

C’est quoi cette déesse ? Un objet de culte, une idée culturelle ? Une grande figure dévonienne marine, comme dans Ponyo sur la falaise ? Une femme forte, une fantassine qui se défend en vain contre un homme armé à cheval, comme au début de Conan le barbare ? Une démultiplication de figures toutes ensemble, comme dans The Dinner Party ? Un souvenir, une résurgence têtue, une présence terrestre et marine qui n’a rien à faire, au contraire du dieu de colère de la Bible, dans le cosmos scientifique que les mâles blancs occidentaux tiennent comme une chasse gardée et qu’ils appellent « cosmologie » pour mieux mépriser ce qu’ils appellent « cosmogonie » ?

Les déesses sont de la Terre, non du ciel. Comme l’a montré Françoise Gange dans Les dieux menteurs, elles sont parfois masculinisées mais on les reconnaît à leur vie souterraine. Python est une serpente, Humbaba, l’ennemie du violeur et conquérant Gilgamesh, vit sous la montagne. Quetzalcoatl a beau avoir des prêtres et non des prêtresses, elle a tout d’une divinité féminine même si on lui attribue les fumeuses origines d’un nom de guerrier: une serpente à plumes, une oiselle serpente, bref un souvenir inconscient et immémorial des dromésaures (les fameux raptors qui étaient couverts de plumes). Elle est la créatrice des humains et de leur nourriture. Ses métamorphoses légendaires (serpente, fourmi noire) appartiennent à la terre. Il existe par ailleurs un dieu de la pluie et des tempêtes, Tlaloc. Les mythologies opposent souvent, quand il s’agit de la création du monde, une force tellurique à une force céleste. On en trouve de nombreux exemples dans le livre de Cécile Lecan, La Création du monde, destiné aux enfants mais d’un très haut niveau et qui présente des mythologies du monde entier.

L’exemple le plus étonnant de ce genre de résurgence est peut-être maître Yoda. Il ressemble à votre grand-mère, et ce n’est pas pour rien. Il (elle ?) est une déesse des souterrains, une force de la Terre et elle est la plus forte de toustes les Jedi. Normal, c’est une avatare de la grande déesse !

« La déesse », un concept politique

On parle de « religion » de la déesse mais le mot a été tellement abîmé par « les trois grandes religions » méditerranéocentristes qu’il devient difficile de l’employer, d’autant plus que ces fameuses « religions » sont des armes de destruction massive.

Qui était le fameux Yahvé, en vrai ? Un chef de guerre oriental ? Un envahisseur de base comme il y en avait tant au moment où déferlèrent des types à cheval dans les villages peinards ? Le vocabulaire« indo-européen » regorge de termes comme : gloire impérissable, gloire des hommes, guerre, peuple en armes, commandant, campagne militaire, jeune homme agité, chef, brigand, membre d’une troupe de jeunes guerriers, vengeance, haine, punition, arc, lance, javelot, poignards, dague, hache, citadelles, forteresses (voir Iaroslav Lebedynsky, Les Indo-Européens. Faits, débats, solutions. Paris, Éditions Errance, 2009). D’après certains pères de l’église, le dieu des chrétiens a des seins nourriciers, il est enceint et accouche du monde (voir Mithu Sanyal, Vulva. La revelación del sexo invisible, traduction espagnole de l’allemand, Anagrama, 2012, p. 103). En somme la puissance de l’idée de déesse est kidnappée au profit de ce nouveau venu. Destruction, mort violente et patriarcat sont désormais à l’ordre du jour, il n’est plus question d’un rapport au monde cyclique reposant sur l’alternance terrienne de la vie et de la mort. Mais cet héritage écrabouillé resurgit toujours : c’est cela même, « la déesse ». C’est l’idée que ce qu’on écrase, qu’on zappe ou qu’on détruit finit toujours par remonter à la surface, comme les fossiles…

Une des formes de ce retour est Dionysos ! Mais oui ! Dieu multimortel car une seule mort ne l’arrête pas, non-binaire parce qu’il semble bien au-dessus des notions d’homme ou de femme (ce genre d’assignation ne le concerne pas), iel a des copines en enfer (Perséphone et sa mère) et le toutou Cerbère lui lèche les pieds. Iel navigue sur la mer couleur de son vin et circule entre deux mondes : les enfers et la surface de la Terre. Point de ciel pour Dionysos, ce n’est pas son rayon. Dionysos c’est la rémanence de l’irrationnel dans la pensée grecque, un fantôme de déesse ancienne à qui les métamorphoses ne font pas peur et qui n’a jamais dit son dernier mot (voir Maria Daraki, Dionysos et la déesse Terre, Flammarion, 1994).

L’anéantissement historique concerté de ce que représente « la déesse » au moment de la montée de la chrétienté est tout sauf une gentille évolution. N’en déplaise aux Derniers jours de Pompéi, la religion du Dieu Unique Masculin (appelons-le DUM) a été imposée de force. Il a fallu en briser, des « idoles », pour arriver à écraser le féminin au profit du DUM. Il a fallu en inventer, des Eve soumises, des historiographies menteuses, il a fallu les multiplier les dépréciations fielleuses et les guerres tueuses, comme le rappelle l’enchanteuse Merlin Stone dans son livre érudit Quand dieu était femme. La déesse est-elle finalement autre chose qu’un concept politique, lié à l’histoire occultée d’un gynocide ?

Le déessisme, un mouvement artistique

Le déessisme désigne… les fans de vieilles DS ! Mais si on sortait  un peu du Gazoline Festival de Lamotte-Beuvron pour rendre au déessisme sa place dans une histoire de l’art d’un nouveau genre, au même titre que tous ces mouvements qu’on encense, conceptualisme, minimalisme etc. ?

Ana Mendieta, Maroya (Moon), 1982

Il a existé, sans qu’il soit seulement nommé, un mouvement artistique que j’appelle  donc déessisme : Ana Mendieta et ses Siluetas dans la nature, Judy Chicago et les nombreuses artistes qui ont travaillé à The Dinner Party, Marie-Beth Edelson, ses performances et ses photographies, Lou Perdu et ses sculptures organiques, Anne Healy qui a sculpté en drapés Hécate ou la déesse blanche, Angels Ribé qui perfore avec la cascade de ses cheveux, Frances Alenikoff qui joue les déesses tripartites, Betsy Damon en Diane d’Ephèse à New-York. En ce qui concerne la France, on consultera la somme érudite de Fabienne Dumont, Des sorcières comme les autres.

Louise Bourgeois, Femme-Couteau, 1969-1970

La grande surprise est un intense foisonnement de publications qui font la part belle au déessisme. Citons seulement le numéro de la luxueuse revue Heresies/ A féminist publication on Art and Politics qui se consacre à la Grande Déesse. La couverture dorée s’orne d’un triangle géométrique barré d’une fente. Nul doute que si le clitoris avait été connu à l’époque, il aurait eu sa place. Le triangle comme logotype du déessisme est récurrent. Le banquet des femmes remarquables organisé par Judy Chicago a la forme d’un immense triangle.

Heresies 5, The Great Goddess, 1978

Et le clito dans tout ça ?

En 2015, Florence Benoît et Amandine Brûlée écrivent et illustrent un fanzine, L’Antisèche du Clito. Leur travail est pompé (sans que la source soit citée) dans la revue Causette. Depuis quelque temps, en effet, on s’est rendu compte que le clito n’était pas mentionné les manuels de SVT (Sciences de la vie et de la terre) au profit de son homologue masculin. On enseigne donc aux mômes la suprématie du pénis, on détaille le volume d’une éjaculation (très intéressant à savoir), on s’extasie sur ce merveilleux mécanisme. L’argument pour justifier qu’on zappe le clito ? Eh bien, c’est un organe caché. Mais ma foi, le cœur, les poumons, l’estomac et autres, ce ne sont pas des organes externes, que je sache ? Ah oui, mais le clitoris en fait, ça n’existe pas. Voilà la vraie raison. Alors on parle de l’appareil reproducteur féminin, oui, c’est ça qui est important !

Bref, encore un coup bas du patriarcat, d’où le fanzine dont voici le lien en libre accès.   

En 2016, la chercheuse Odile Fillod crée dans un fablab un clitoris imprimé en 3D qui est repris (sans droit d’autrice : une création fablab est réputée librement utilisable) par le site Crop Clitoris qui vend des goodies et fait des performances in situ.

Voici venu le temps du clito !

Est-ce là le grand retour de l’essentialisme féminisme ? A première vue, on pourrait le craindre, avant de comprendre à quel point ledit clito est un outil au contraire non binaire. Là où, avant, régnait le préjugé d’un petit bouton sans intérêt si différent du pénis-roi, le clitoris se présente comme une figure identique aux fameux organes masculins tant vantés. Il a la même taille, la même structure et d’un point de vue topologique (note) c’est exactement le même, inversé. Les deux ont des corps caverneux et des bulbes (dits « corps spongieux » pour le pénis). Les deux ont un gland et se stimulent de la même manière. Ils se gorgent identiquement de sang et connaissent la même détumescence. Et comme le précise Julie Azan, professeure de SVT, dans une vidéo de Brut, le pénis n’appartient pas forcément à un homme ni un clitoris à une femme, car il existe des personnes trans (note).

Note : ce que j’entends par là c’est qu’une forme même déformée garde ses propriétés si elle n’est ni trouée, ni coupée, ni recollée. Ces formes sont homéomorphes (le grec parle ici de lui-même). S’il y a un trou, ça change tout : une bouée et une tasse avec une anse sont toutes deux des tores, elles sont homéomorphes entre elles mais leurs propriétés sont différentes des précédentes.

La connaissance du clitoris est donc une révolution tant pour les femmes cis-genres que pour les femmes trans, tant pour les hommes cis-genres que pour les hommes trans. A la poubelle, le vieux Freud sexiste avec son « orgasme vaginal » et son « orgasme clitoridien ». Encore un mensonge rétrograde qui éclate comme une bulle de savon. Finie l’inégalité et la « différence » ! Finie la trop fameuse « complémentarité », pile je gagne-face tu perds ! Finies les violences de costume qui opposent sur la foi de leurs organes génitaux, supposés être le pur reflet de leur fonction sociale, « les hommes » et « les femmes », comme sur cette gravure de mode du XIXe siècle. On dirait que les femmes et l’homme n’appartiennent pas à la même espèce…

Gravure mode, 1836

Donc le but n’est pas de glorifier les organes féminins cisgenre, réponse de la bergère au berger (« moi aussi j’en ai un de 14 cm en érection » !) même si cet enfantillage goguenard a pu parfois voiler l’intention politique. Le but c’est de déboulonner la vulgate patriarcale, de dire enfin la vérité parce que ces histoires tuent. Ce qui m’anime c’est une indignation sans fin contre tout ce fatras assassin, contre l’historiographie mâle blanche morte qui est crime contre l’humanité. Avoir occulté le clitoris, avoir nié l’évidence anatomiques dans un but idéologique destructeur n’est pas seulement une stupidité de manuel scolaire, c’est une violence contre le genre humain tout entier.

Du clitoris révélé à la transidentité

Cette révolution de la pensée n’aurait pas eu lieu si la biologie n’avait pas commencé à étudier l’anatomie du clitoris à partir de 1998. On s’étrangle devant cette date tardive ! On doit ces découvertes ià une urologue, Helen O’Connell. Dès lors, la représentation du clitoris émerge enfin. Petit à petit, dans les années qui suivent, les artistes jouent un rôle de premier plan dans l’irruption politique de sa figuration. On sait que beaucoup d’artistes ont l’ambition du politique, essayant notamment d’avertir sur les dangers de l’évolution climatique pour les mammifères dont l’humain. Est-ce efficace, je ne sais, mais en ce qui concerne la représentation physique du clitoris par l’art, on est en plein dans le politique et les artistes ont vraiment joué à ce sujet un rôle de premier plan. Delphine Gardey, de l’université de Genève, résume tout cela en 2019 avec son essai Politique du clitoris. Elle montre comment l’irruption au grand jour de cet organe topologiquement identique au pénis adoré terrifie l’ordre établi, le patriarcat, l’obsession de la filiation paternelle et des « deux sexes ».

Parallèlement, on assiste à la revendication grandissante de la transidentité et à l’émergence de la notion de genre. On ne va pas revenir sur la traduction très tardive (début XXIe siècle) de Trouble dans le genre de Judith Butler, sur le rôle pionnier de Sam Bourcier qui avait lu le bouquin en anglais depuis des lustres et a grandement contribué à sa transmission, sur le livre également fondateur d’Anne Fausto-Sterling sur l’intersexualité, sur Gender Outlaw (non traduit à ce jour) de Kate Bornstein. Stéphanie Nicot et Alexandra Augst-Merelle publient en 2006 Changer de sexe. Le titre se moque ouvertement de la bêtise rétrograde des transphobes. Peu à peu les personnes trans s’organisent, réfléchissent sur les nuances de genre, osent être heureuses ce qui rend fous pas mal de médecins sexisto-lacano-chrétiens et les renvoient, avec celleux des psys qui sont à leurs bottes, à leur chères études sur le « syndrome de Benjamin », la pathologisation, la « dysphorie » comme maladie, la souffrance, le malheur et la déréliction généralisées.

La connaissance et la représentation du clitoris ont donc joué un rôle déclencheur. Bon nombre de garçons féministes ont adopté naguère mes « clitodéesses », bijoux tout à la fois clitoris et déesses.

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Clitodéesse en argent massif par Ïan Larue

Bijoux clitodéesses

On peut lire dans un article du Guardian publié en 2016 que je propose, à travers cela, une initiation aux Mystères du Clito : « pour les non-initié·es, le bijou ressemble à une pieuvre ou à une déesse néolithique ».

Néolithique comme notre exposition collective à La Mutinerie, lieu queer et féministe à Paris, en novembre 2015 : Néolitika. On rêvait de déesses et de la nuit des temps. « Depuis la nuit des temps, les femmes »…comme un souvenir en écho.

Déesse corail en argent massif par Ïan Larue

Amandine et les fanzines

Amandine Brûlée crée un logo clito-pieuvre en lien avec mes bijoux, à moins que ce soit l’inverse. Ah, qu’enfin les choses puissent librement être identiques et s’inverser ! Son travail se décline en tatouage éphémère et inspire l’exposition suivante (en 2017, à Nice, aux Diables bleus) intitulée Musée éphémère de la vulve.

Tatouage clito-pieuvre par Amandine Brulée

Elle publie aux Crocs électriques (éditions de fanzines dirigée par Stéphane Blanquet) un joli petit bouquin. Je l’appelle « la Vuillemin du XXIe siècle » car, comme lui, elle a l’air d’un ange tandis que ses dessins sont féroces. Avez-vous vu Le mystère Alexina de René Féret ? Vuillemin joue le rôle d’Alexina. Un ou une ange, vous dis-je !

Amandine Brûlée – Crocs électriques
Fanzine par Ïan Larue & Amandine Brulée

Nous bricolons ensemble un nouveau petit fanzine, Vulves comiques et contestataires, à partir d’un article de recherche qu’on m’avait demandé pour le volume collectif Rire et émancipation féminine, puis refusé parce que ça disait du mal de Lévi-Strauss (ce sexiste notoire). Chères ex-collègues, pourquoi défendez-vous cette pourriture de Lévi-Strauss, contre lequel à juste titre s’est insurgée Wittig dans La pensée straight ?

Maki serpente néolithique par Ïan Larue

Voici ma toute petite chienne Maki (née le 16 février 2016) en déesse-serpent, grande huile sur toile d’après une figurine crétoise. La « déesse serpent » est une interprétation de Gimbutas dans Le langage de la déesse (1989, traduit en français aux éditions Des Femmes) et ses autres ouvrages. Mais je me demande s’il ne faudrait pas déchiffrer d’une tout autre manière certaines de ces figurations qui associent d’une manière fort ambiguë des éléments connotés masculins et féminins.


Marija Gimbutas (Gimbutiene), The Language of the Goddess, Harper & Row, 1989, P.127

Suit, toujours en 2016, l’exposition  Guérillères préhistoriques à la librairie-galerie Violette and co : déesses au fusain, bijoux et guérillères sur papier. De grands panneaux pédagogiques (création graphique Alice Moliner) résument la démarche à l’entrée de l’expo (prof un jour, prof toujours).

Photos guerrillères et déesses fusain par Ïan Larue

Et tout ce mélange de mélange de pieuvres, de déesses et de clitoris finit par donner la vulve de Sauron. Car comme l’écrit Catherine Dufour dans son roman Quand les dieux buvaient, réécriture ironique et critique du Seigneur des anneaux (la trilogie des films), m’enfin c’est une vulve, le signe de Sauron ! Sauron le saurien, le serpent, l’affreux jojo est sous le signe maudit de « La Femme » ! Et nos pauvres héros qui escaladent le mont de Vénus pour y jeter leur petit anneau-spermato, comme ils souffrent ! Horreur, malheur !

La vulve de Sauron par Ïan Larue

Le MUCRAN

Avec quelques camarades artistes, nous faisons comme Marcel Broodthaers et nous créons le Musée des Crânes et des Animaux (MUCRAN). Notre page Wikipédia est immédiatement supprimée par d’austères garçons aux aguets, sûrs de leur bon droit et pétris de leur noble mission. On ne plaisante pas avec le savoir mâle blanc mort de surcroit encyclopédique.

C’est pour ce musée imaginaire que je fabrique une série de déesses fossiles en détournant des techniques de bijouterie. Je la réalise à Port-La Nouvelle, terre de mes ancêtres (terre de cimenterie surtout car c’est le seul endroit au monde qui possède à la fois marne et calcaire sur son territoire).

Collection de fossiles inachevés

J’imagine chaque fossile fixé sur son petit support de calcaire, avec une inscription évoquant d’obscures archives, les tiroirs secrets remplis d’os de dinosaures à l’université d’Alberta, le storage de Louise Lawler. PLN suivi d’un numéro d’inventaire, PLN pour Port-La Nouvelle.

Puis je les range.

Le sommeil des archives

Les déesses fossiles sont rangées dans d’authentiques boîtes d’archivage car tel est le destin des fossiles.

Je les y laisse.

Dormez, déesses, sous la poussière.

Avais-je oublié que « la déesse » finit toujours par ressurgir ?

La deuxième partie du texte est à lire par ici !

Ïan Larue

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